Sexe, grossesse, maternité : des discriminations très fréquentes

Sexe, grossesse, maternité : des discriminations très fréquentes

Le sexe, la situation de famille et la grossesse figurent parmi les critères interdits par l’article L. 1132-1. En pratique, trois moments concentrent l’essentiel des difficultés : l’annonce de la grossesse, le retour de congé maternité, et l’écart de rémunération qui s’installe ensuite et ne se comble jamais quand il ne préexistait pas déjà à la maternité de la salarié.e.

Est-ce que ma situation est constitutive d’une discrimination ?

« Mon poste avait été réorganisé sans moi pendant mon congé maternité.

« Je n’ai eu ni entretien de retour, ni l’augmentation dont mes collègues ont bénéficié.

« On m’a écartée d’un projet dès l’annonce de ma grossesse.

« Depuis mon retour, on me dit que je ne suis “plus assez disponible”.

« À poste équivalent, je gagne moins que mes collègues masculins.

« On m’a demandé en entretien si je comptais avoir des enfants.

« Mon passage à temps partiel a bloqué toute évolution.

Trois femmes au comptoir réception illustrant discrimination au travail
Femme enceinte dans un jardin symbolisant protection légale

Ce que dit la loi

Outre l’interdiction générale de l’article L. 1132-1, le code du travail organise plusieurs protections spécifiques.

Pendant la grossesse et le congé de maternité, la salariée bénéficie d’une protection renforcée contre le licenciement, qui n’est possible que dans des cas strictement délimités et qui reste exclu pendant le congé lui-même.

Au retour du congé de maternité, la salariée a droit à un entretien professionnel et, s’agissant de la rémunération, à un rattrapage : son salaire doit être majoré des augmentations générales ainsi que de la moyenne des augmentations individuelles perçues pendant la durée du congé par les salariés relevant de la même catégorie. C’est une obligation légale de résultat, souvent ignorée des deux côtés — et son inexécution se démontre simplement, par comparaison avec les augmentations pratiquées dans l’entreprise.

S’y ajoute enfin le principe d’égalité de rémunération entre les femmes et les hommes pour un même travail ou un travail de valeur égale, qui constitue un fondement distinct de la discrimination et peut être invoqué en parallèle.

Le moment du retour, point de bascule

C’est là que se joue une majorité des dossiers, et c’est le moment où l’on agit le moins — parce qu’on rentre, qu’on a autre chose à gérer, et qu’on espère que cela se tassera.

Or c’est précisément la période où les éléments sont les plus faciles à établir : le poste a-t-il été maintenu ? l’entretien a-t-il eu lieu ? le rattrapage salarial a-t-il été appliqué ? Ces trois questions se vérifient sur pièces, et les réponses négatives constituent des éléments de fait très solides.

Boule de cristal avec graphiques boursiers sur bureau en bois

Comment cela se prouve

Les bulletins de paie

Avant et après le congé, comparés aux augmentations générales pratiquées dans l’entreprise.

Les éléments relatifs aux augmentations de la catégorie

À laquelle vous appartenez : l’employeur en dispose et le juge peut lui en ordonner la production.

Le contenu du poste

Avant et après — fiche de poste, organigramme, périmètre des dossiers.

L’entretien de retour

Sa tenue, ou son absence.

La chronologie

Et notamment ce qui a changé à compter de l’annonce plutôt qu’à compter du départ.

L’index de l’égalité professionnelle

Publié par l’entreprise, dont l’indicateur relatif aux augmentations au retour de congé maternité est parfois révélateur.

→ Comment prouver une discrimination au travail /salarie/prouver-une-discrimination

Deux personnes concluent un accord salarial en bureau professionnel

Le rôle du cabinet

Beaucoup de ces dossiers se règlent sans rupture, et c’est souvent préférable : obtenir le rattrapage salarial, le repositionnement et la restitution du périmètre du poste peut être la volonté de la salarié.e plutôt qu’une rupture du contrat.

Nous intervenons dans les deux configurations, et le premier rendez-vous sert précisément à déterminer un plan d’action en fonction du souhait et des projets de la salairé.e.

Questions fréquentes

La loi impose un rattrapage à hauteur des augmentations générales et de la moyenne des augmentations individuelles de votre catégorie pendant le congé. Son absence n’est pas une négligence anodine : c’est un manquement qui se chiffre et se réclame.

La protection est renforcée et le licenciement n’est possible que dans des cas strictement délimités, à l’exclusion de la période du congé. Un licenciement prononcé en méconnaissance de ces règles est nul.

Cette question est sans rapport avec l’aptitude à occuper l’emploi et relève d’un critère interdit. Notez-la, datez-la : si le poste vous est refusé, elle devient un élément de fait.

Le passage à temps partiel ne peut fonder aucune décision défavorable au-delà de la proportionnalité de la rémunération. Un blocage de carrière lié au temps partiel, statistiquement subi par les femmes, relève de la discrimination indirecte.

Non, ce n’est pas du tout un préalable obligatoire. La demande principale peut être le rattrapage salarial et le repositionnement de la salarié.e.

Parler de votre situation

Le premier rendez-vous d’information, de 120 € TTC, permet de faire le point sur votre situation, de dire si les éléments sont réunis et dans quel délai il faut agir.

Aude Simorre avocat

123 Boulevard BESSIERES
75017 Paris
France

01 83 94 58 83