Personne en situation d'handicap au travail : votre employeur doit-il aménager votre poste ?
Oui. L’employeur doit prendre les mesures appropriées pour vous permettre d’accéder à un emploi, du conserver, de l’exercer et d’y progresser — sauf si la charge en est disproportionnée, appréciée compte tenu des aides financières qui peuvent la compenser. La particularité de ce critère tient à ceci : le refus de prendre ces mesures est en lui-même susceptible de constituer une discrimination. Ici, l’inaction de l’employeur peut être constitutive d’une discrimination.
Est-ce que ma situation relève de la discrimination en raison de ma situation d'handicap ?
Ce que dit la loi
L’article L. 5213-6 du code du travail impose à l’employeur de prendre, en fonction des besoins dans une situation concrète, les mesures appropriées pour permettre aux travailleurs handicapés d’accéder à un emploi ou de conserver un emploi correspondant à leur qualification, de l’exercer et d’y progresser, ou pour qu’une formation adaptée leur soit dispensée.
Enfin, l’article L. 1132-1 range l'handicap parmi les critères de discrimination interdits, et toute mesure prise en méconnaissance de cette interdiction est nulle.
Attention : si vous êtes titulaire d’une reconnaissance de travailleur handicapé (RQTH) c’est à vous de la transmettre si vous le souhaitez à votre employeur. Gardez une preuve de la transmission de la RQTH à votre employeur (mail ou recommandé)
L’information de votre situation d'handicap à la médecine du travail ne vaut pas notification à l’employeur car elle est couverte par le secret médical. Seul vous pouvez lever le secret médical à cet égard ainsi vous souhaitez vous prévaloir des mesures du Code du Travail relatives au travailleur handicapé : il faut impérativement transmettre votre RQTH à l’employeur.
Qui peut demander des aménagements de postes ?
Les aménagements de poste pour permettre au travailleur handicapé d’être maintenu dans son poste peuvent être demandé : par la médecine du travail, par le salarié lui-même, par le réfèrent handicap ou la mission CAP EMPLOI.
Les aménagements de postes demandés peuvent être les suivants :
L’employeur qui refuse l’aménagement du poste doit en justifier par en cas de « charge disproportionné » des aménagements. Le motif du refus est examiné très strictement par la jurisprudence car il s’agit souvent d’un prétexte fallacieux.
Pensez à demander aux représentants du personnel ou aux ressources humaines : l’accord d’entreprise relatif aux travailleur.euses handicapé.es ou la « charte handicap » si ces documents existent : ils peuvent contenir plus d’obligations à l’égard de l’employeur que la loi et être utile dans un dossier de discrimination en raison de votre handicap.
Le refus d’aménager le poste est un fait laissant supposer l’existence d’une discrimination en raison d'handicap
C’est la spécificité de ce critère, et elle mérite d’être bien comprise. Dans la plupart des dossiers de discrimination, il faut démontrer qu’une décision défavorable a été prise en considération d’un critère interdit. Ici, la loi prévoit expressément que le refus de prendre les mesures appropriées peut être constitutif d’une discrimination.
Autrement dit, vous n’avez pas nécessairement à établir l’existence d’une décision positive de l’employeur : l’absence prolongée de mise en œuvre d’un aménagement demandé et préconisé peut suffire à démontrer l’existence d’une discrimination en raison de votre handicap.
Comment cela se prouve
Une partie des pièces déterminantes est ici rédigée par des tiers, ce qui simplifie considérablement la démonstration :
→ Comment prouver une discrimination au travail /salarie/prouver-une-discrimination
Ce que vous pouvez obtenir
La demande la plus utile n’est pas toujours financière. Selon la situation, il est possible de faire ordonner la mise en œuvre effective de l’aménagement, au besoin sous astreinte, d’obtenir la nullité d’une décision défavorable — sanction, licenciement — et la réparation du préjudice subi, ainsi que le repositionnement de carrière lorsque la progression a été entravée.
Pour beaucoup de personnes, obtenir un poste correctement aménagé compte davantage qu’une indemnisation obtenue trois ans plus tard. C’est une orientation qui se décide dès le premier rendez-vous.
Le rôle du cabinet
Nous intervenons volontiers en amont, sans rupture : mise en demeure motivée, appui sur les préconisations du médecin du travail, articulation avec les élu·es du personnel.
Nous intervenons également lorsque le dialogue est rompu avec l’employeur, son refus d’aménager le poste vous a épuisé et vous êtes maintenant en arrêt pour ce motif, nous pouvons agir pour trouver des solutions.
Lorsque la rupture est intervenue, nous contestons le licenciement en portant le débat sur ce qui n’a pas été fait par l’employeur pour permettre le maintien à votre poste de travail et obtenir une indemnisation en raison de cette discrimination en raison de votre handicap.
Questions fréquentes
Parler de votre situation
Le premier rendez-vous d'information, de 120 € TTC, permet de faire le point sur votre situation, de dire si les éléments sont réunis et dans quel délai il faut agir.
