Discrimination liée à l'orientation sexuelle au travail

L’orientation sexuelle figure parmi les critères interdits par l’article L. 1132-1 du code du travail. Cela couvre aussi bien les décisions défavorables — promotion refusée, affectation modifiée, rupture de période d’essai — que les propos répétés présentés comme des plaisanteries, ou l’inégalité d’accès aux avantages liés au couple. Toute mesure fondée sur ce critère est nulle.

Collègues discutant en milieu professionnel inclusif

Est-ce que ma situation en est une ?

« Les remarques et les blagues sont constantes, on me dit que je manque d’humour.

« Mon orientation sexuelle a été révélée à l’équipe sans mon accord.

« Depuis que mon conjoint est venu à un événement d’entreprise, l’ambiance a changé.

« On m’a refusé un avantage familial accordé aux autres couples de l’entreprise.

« Ma période d’essai a été rompue sans explication, peu après l’annonce de mon homosexualité.

« On ne me confie plus les déplacements ni les contacts clients.

« J’ai signalé la situation, il ne s’est rien passé.

Ce que dit la loi

L’orientation sexuelle figure parmi les critères interdits de l’article L. 1132-1. Aucune décision en matière de recrutement, d’affectation, de rémunération, de formation, de promotion, de sanction ou de rupture ne peut reposer sur elle, et toute mesure prise en méconnaissance de cette interdiction est nulle.

Deux prolongements méritent d’être connus.

Le premier concerne les avantages liés au couple — congés, primes, complémentaire santé, avantages accordés par le CSE. Une différence de traitement selon la nature de l’union ou la composition du couple constitue un terrain de contentieux à part entière, et se démontre par des textes internes, sans qu’aucun propos n’ait à être établi.

Le second concerne les propos. Des plaisanteries répétées, même sans décision défavorable, peuvent caractériser un harcèlement discriminatoire. Et l’employeur qui, informé, ne fait rien, manque au surplus à son obligation de sécurité.

Comment cela se prouve

La difficulté propre à ce critère est que les propos sont oraux et que les décisions sont rarement motivées. La construction du dossier repose donc sur trois appuis.

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La chronologie

Ce qui a changé, et à partir de quand. Un revirement d’attitude ou de traitement qui suit un événement identifiable est l’élément le plus parlant.
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Le signalement écrit

Un courriel adressé aux ressources humaines ou à l'hiérarchie transforme une situation invérifiable en fait daté — et l’absence de réponse devient elle-même une pièce.
Deux personnes analysant graphiques boursiers en bureau moderne

La comparaison

Traitement, avantages et évolution comparés à ceux de collègues placés dans une situation analogue.

Les témoignages de collègues sont précieux mais rarement disponibles : un dossier ne doit pas reposer sur eux seuls.

L’enregistrement audio, même réalisé à l’insu des collègues, est possible et recevable en justice, lorsqu’il est le seul moyen de démontrer les faits en cause.

→ Comment prouver une discrimination au travail /salarie/prouver-une-discrimination

Le rôle du cabinet

Nous accompagnons les salarié.es discriminé.es en raison de leur orientation sexuelle.

Nous vous aidons alors que vous êtes encore dans l’entreprise à monter un dossier qui pourra permettre soit un maintien dans les effectifs pour vous mais avec sanction des personnes qui sont à l’origine de la discrimination. Soit un contentieux aux prud’hommes pour obtenir une indemnisation en raison du préjudice subi du fait de la discrimination.

Questions fréquentes

Le critère joue aussi lorsque l’orientation est supposée. Une discrimination fondée sur une supposition est tout autant interdite qu’une discrimination fondée sur un fait connu.

Oui, la répétition, jointe à l’inaction de l’employeur après signalement, permet de caractériser un harcèlement moral discriminatoire.

L’intention de l’auteur n’est pas le critère. Ce qui compte est l’effet des agissements sur vos conditions de travail, votre dignité et votre santé.

Oui. Le délai est de cinq ans à compter de la révélation de la discrimination, et la rupture du contrat n’y fait pas obstacle.

Pas nécessairement. Une partie de la stratégie consiste précisément à choisir le fondement et les pièces qui permettent d’obtenir réparation sans exposer plus que nécessaire.

Parler de votre situation

Le premier rendez-vous d’information, de 120 € TTC, permet de faire le point sur votre situation, de dire si les éléments sont réunis et dans quel délai il faut agir.

Aude Simorre avocat

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France

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